Le Triduum pascal

 

 

Il va de la messe du soir le Jeudi Saint au dimanche de Pâques inclus.

Triduum = trois jours

 

C’est le centre de gravité de l’année liturgique car il constitue le Mystère pascal.


Jeudi Saint

Nous commémorons l’institution de l’Eucharistie par la messe de la Cène du Seigneur et le commandement du Seigneur sur la charité fraternelle avec le rite du lavement des pieds. Pendant le chant du Gloria, les cloches sonnent ; elles ne retentiront à nouveau qu’au Gloria de la Vigile pascale. La communion peut être donnée sous les deux espèces. A l’issue de la messe, le Saint Sacrement est porté au reposoir en procession pour un temps d’adoration. La couleur liturgique est le blanc.

 

Pour vivre de manière adaptée la liturgie du Jeudi saint, nous vous proposons, dans sa première partie, de vous réunir autour de la table familiale dressée de manière festive et au cours d’un repas. Puis dans sa seconde partie, vous serez invités à rejoindre un autre lieu, par exemple autour de la croix intronisée le jour des Rameaux.

 

 

 

 

 

 

Les personnes seules auront à cœur de préparer une table festive également.

 

 

 

 

 

La célébration du Jeudi saint est orientée par la charité tant dans le lavement des pieds que dans le don de l’eucharistie, rites que nous ne vivrons pas en ce soir, mais dont le sens sera mis en valeur au cours de la soirée.

 

 

 

Première partie

 

 

 

• 1er temps

 

 

 

Rassemblés autour de la table, debout, après avoir tracé sur soi le signe de la croix, on peut prendre un chant.

 

Par exemple :

 

La nuit qu’il fut livré (HP 3 ; P. Dorlay / air breton / J. Gélineau et G. Geoffray / Mame) couplets 1-2

 

 

 

Une fois le chant terminé, chacun prend place et quelqu’un fait la lecture.

 

 

 

Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14).

 

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. » – Parole du Seigneur.

 

 

 

Après un temps de silence, variable selon les situations, on peut commencer la première partie du repas.

 

 

 

 

 

• 2e temps

 

 

 

Après ce premier temps du repas, on observe un court silence avant de chanter ou lire le psaume 115 :

 

 

 

Psaume (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)

 

 

 

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,

 

j’invoquerai le nom du Seigneur.

 

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,

 

oui, devant tout son peuple.

 

Comment rendrai-je au Seigneur

 

tout le bien qu’il m’a fait ?

 

J’élèverai la coupe du salut,

 

j’invoquerai le nom du Seigneur.

 

 

 

Il en coûte au Seigneur

 

de voir mourir les siens !

 

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,

 

moi, dont tu brisas les chaînes ?

 

 

 

Certains préféreront prendre un chant qui dise l’action de grâce, par exemple :

 

C’est toi Seigneur le pain rompu (D 293 ; J.P Lécot ; G.Kirbye / Lethielleux) couplets 1 à 4

 

 

 

Ensuite, on poursuit le repas.

 

 

 

• 3e temps

 

 

 

De même, après un bref silence, on lit l’Évangile de Jean sur le lavement des pieds.

 

 

 

Lecture de l’Évangile selon st Jean (13, 1-15).

 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » – Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

 

Après quoi, on chante : Ubi caritas (AELF / J. Berthier / Taizé / CNA n°448)

 

ou tout autre chant sur la charité qui convienne

 

 

 

 

 

On poursuit par la dernière partie du dîner.

 

 

 

À la fin du repas, chacun se lève de table et celui qui préside dit la prière suivante :

 

 

 

Nous avons partagé dans la joie ce repas

 

qui nous a rappelé le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

 

Que demeure en nous, la foi, l’espérance et la charité ;

 

que grandisse en nous la plus grande des trois : la charité.

 

 

 

 

 

Deuxième Partie

 

 

 

 

 

Les plus petits enfants auront peut-être été couchés quand le reste de la famille, ou les parents seulement se réunissent dans le lieu où se tient la croix, pour cette deuxième partie de la soirée.

 

Les personnes seules feront suivre directement la fin du dîner et le déplacement vers un autre lieu de la maison.

 

 

 

Un chant ouvre ce temps de prière que l’Église recommande comme un moment pour durer dans la prière auprès du Christ, par exemple :

 

Gloire à l’agneau immolé (ZL (NT) 9 – 9 Communauté Emmanuel)

 

 

 

La veillée s’organisera autour du texte de Méliton de Sardes.

 

Selon les cas, on pourra :

 

- le lire en entier avec des pauses de silence.

 

- le lire en entier, en l’entrecoupant de refrains méditatifs.

 

- Choisir seulement un extrait ou l’autre.

 

 

 

Le silence et la prière personnelle auront une place importante durant ce temps de prière, que chacun réglera selon ses possibilités.

 

 

 

Lecture de l’Homélie de Méliton de Sardes sur la pâque

 

L’Agneau sans défaut et sans tache

 

 

 

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

 

C’est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l’homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l’esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

 

 

 

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l’idolâtrie du monde comme de la terre d’Égypte ; il nous a libérés de l’esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

 

 

 

C’est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C’est lui qui a frappé le péché et a condamné l’injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l’Égypte.

 

 

 

C’est lui qui nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut.

 

 

 

C’est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l’agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

 

 

 

C’est lui qui s’est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d’entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

 

 

 

C’est lui, l’agneau muet ; c’est lui, l’agneau égorgé ; c’est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c’est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n’ont pas été brisés ; dans la terre, il n’a pas connu la corruption ; il est ressuscité d’entre les morts et il a ressuscité humanité gisant au fond du tombeau.

 

 

 

 

 

Pour terminer, on prend le Notre Père.

 

 

 

Et éventuellement la prière ci-dessous :

 

Dieu fidèle,

 

tu as écouté la prière du Christ,

 

tu l’as libéré de la détresse.

 

Ne permets pas que nos cœurs se troublent,

 

rends-les confiants, mets en eux ta joie ;

 

et nous attendrons dans le silence et la paix,

 

le bonheur de voir ton visage.