Le Temps pascal

Eglise de Treboul
Eglise de Treboul

Le temps pascal commence le dimanche de la Résurrection du Seigneur, le dimanche de Pâques et se déploie sur huit dimanches ; ce sont donc cinquante jours pour fêter le Ressuscité jusqu’à la Pentecôte où l’Esprit nous sera donné. Au quarantième jour, la fête de l’Ascension clôt la mission de Jésus sur terre.

La première semaine est appelée l’octave de Pâques. Aux premiers temps de l’Église, les catéchumènes baptisés dans la nuit de Pâques assistaient à des catéchèses mystagogiques assurées par l’évêque du lieu. Depuis l’an 2000 et à la demande de Saint Jean-Paul II, le dimanche qui suit cette semaine est le dimanche de la divine miséricorde.

Tous les dimanches du temps pascal sont considérés comme des dimanches « de » Pâques et non des dimanches « après » Pâques ; nous vivons intensément le mystère pascal dans ce temps particulier. Saint Athanase d’Alexandrie disait que c’était comme un unique jour de fête, « un grand dimanche ».

 

Les évangiles de ces dimanches évoquent la présence du Christ ressuscité. Différents symboles se retrouvent au long de ces dimanches :

Le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, Christ qui nous fait passer des ténèbres à la lumière. On le retrouve aussi lors des baptêmes et des funérailles : lors des passages de la mort à la vie.

L’aspersion est faite au moment de la préparation pénitentielle, en mémoire du baptême.

Le chant de l’Alléluia, l’Alléluia de Pâques, qui retentit de nouveau. A la fin de la messe le diacre nous envoie « dans la paix du Christ, Alléluia, Alléluia ! ».

Bien entendu, la couleur liturgique est le blanc, couleur de la résurrection et des nouveaux baptisés.

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité, alléluia !


ALLÉLUIA : le chant de Pâques par excellence

Eglise Saint Jean de Brest
Eglise Saint Jean de Brest

Les alléluias qui retentissent à la veillée pascale s’enracinent dans l’histoire du peuple de Dieu qui se souvient de quel amour Dieu l’a aimé et soutenu.

Ce mot hébreu composé qui veut dire « Louez Yah » (Yahvé) est employé par les auteurs des différents psaumes pour inviter les fidèles à louer le Seigneur :

 

« Alléluia ! Louez, serviteurs du Seigneur, louez le nom du Seigneur »

 

La louange est manifestée par la communauté (Ps 147, 12) au cours d’une célébration souvent accompagnée d’instruments de musique (Ps 150)... Lire la suite...

A chaque dimanche, un Alléluia !

L'Alléluia de l'Offertoire pour le Saint Jour de Pâques de César Franck

Organiste reconnu, auteur de musique symphonique, d’œuvres pour piano et orgue, César Franck (1822-1890) a signé de belles pièces de musique sacrée dont cet Offertoire en 1871.

 

Connu en France sous le titre « Dextera Domini », ce chant d’Offertoire emprunte au Psaume 117 - psaume du jour de Pâques et du 2è dimanche du temps pascal - les versets 16 et 17.

 

Dextera Domini fecit virtutem,                         La droite du Seigneur a manifesté sa puissance ;

dextera Domini exaltavit me.                            La droite du Seigneur m'a élevé :

Non moriar, sed vivam,                                       Je ne mourrai pas, mais je vivrai,

et narrabo opera Domini.                                           Et je raconterai les œuvres du Seigneur.

 

C’est une œuvre majestueuse pour soli, chœur à 3 voix, orgue et contrebasse.

 

Le Chœur d'Adultes, le Jeune Ensemble et le Chœur d'enfants de la Maîtrise Cathédrale Notre Dame de Paris, sous la direction de Lionel Sow et accompagnés à l’orgue de chœur par Yves Castagnet en proposent une version liturgique, intériorisée et très priante.

 


 

On pourra aussi écouter une version aussi remarquable en langue française, chantée par des jeunes choristes anglais : The Choir of King's College, Cambridge.

 


La bonté du Seigneur a fait ma force ; La bonté du Seigneur réveille ma foi. Alléluia !

La mort n’est plus ; je vivrai. Je veux chanter la bonté du Seigneur !

 

M-J Nicolas, CDML


Fleurir le temps de Pâques

Par Sœur Marie Nathanaël Gagelin – PSSE

 

 

Alléluia ! Christ est ressuscité ! La Vie a vaincu la mort ! Une bonne nouvelle qui se chante, qui se danse et fait déborder de joie l’Église tout entière ! Résurrection ! … Lumière, paix, couleurs, élan, beauté, abondance, recueillement aussi !

 

La résurrection se passe dans un jardin : un jardin de printemps, c’est fleuri ! Alors, vite, allons cueillir les fleurs de la résurrection pour dire notre joie au ressuscité, pour la dire à l’assemblée, pour être au diapason de la célébration !

 

Que nos compositions soient belles, élancées, joyeuses !

Que la lumière, la transparence et l’équilibre soient au rendez-vous !

Que l’enracinement dise notre humanité, et son élan, notre humanité sauvée, ressuscitée !

 

L’abondance dit la profusion de la grâce, l’intégration du cierge pascal la présence du Christ ressuscité !

 

Nous avons chanté, dans la nuit de Pâques :

 

Réjouis-toi, ô notre terre,
resplendissante d’une lumière éclatante,
car il t’a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit !
Réjouis-toi, Église notre mère, toute remplie de sa splendeur,
et que résonne l’acclamation du peuple des fils de Dieu ! …

– Extrait de l’Exultet

 

Comme le disait Saint Athanase, que chaque dimanche soit célébré dans la joie et l’exultation, comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux « un grand dimanche ». Qu’en ce « grand dimanche » du temps de Pâques nos compositions florales soient l’icône de la joie de la résurrection !

 

Quelques suggestions pour le fleurissement

Choisir, si possible, des fleurs de saison : forsythias, groseillier à fleurs roses, magnolias (branches droites), prunus… Il y a peu de feuillage à cette saison, mais on peut trouver : Laurier-tin, laurier, aucuba et d’autres feuillages persistants.

Travailler avec soin le fleurissement du cierge pascal ! Rechercher une composition florale qui intègre le cierge pascal, en évitant les « collerettes » à la jonction du pied et du cierge.

Éviter les bouquets suspendus qui ne disent pas l’enracinement.


Et du côté de l'Art Sacré...

ANASTASIS

ANASTASIS (en grec : remontée) fresque de l'église Saint Sauveur in Chora, XIVe siècle, Istanbul

 

Le Christ ressuscité, dans son lumineux vêtement blanc entouré d'étoiles, descend aux enfers dont il a brisé les portes pour tirer Adam et Eve de leurs tombeaux, entourés des justes qui sont en attente.

 

Il les empoigne vigoureusement par le poignet pour les délivrer et les emmener auprès de son père. C'est ainsi que la tradition religieuse byzantine représentait la Résurrection, l'Anastasis témoigne du salut apporté par la mort et la Résurrection de Jésus. Le regard du Christ tourné vers nous invite à entrer dans le Mystère.

C. Puget, CDAS

RÉSURRECTION

RÉSURRECTION, retable d'Issenheim, Mathias Grünevald, XVIe siècle

 

Le Christ auréolé de lumière, projeté hors de son linceul, s'élève au-dessus de son tombeau montrant les stigmates sur les paumes de ses mains.

 

Figure dynamique de l'espérance après la douleur de la crucifixion, sa tête irradie au centre d'un halo lumineux où les traits de son visage se fondent mais son regard reste fixé sur nous.

 

La Résurrection représentée dans la tradition occidentale comme la victoire de la lumière divine sur les ténèbres de la mort.

C. Puget, CDAS