3/ La nef

Eglise Saint Pierre à Briec
Eglise Saint Pierre à Briec

La nef est le lieu principal de rassemblement des fidèles.

C’est l'espace qui se trouve entre l’entrée, le chœur, le transept.

Elle est complétée par les bas-côtés ou collatéraux (ou nefs latérales) dont la hauteur est en général plus basse que celle de la nef principale.  Les transepts donnent à l'église la forme d'une croix. Leur  point de croisement est appelé « croisée du transept ». La nef est comme un vaisseau, la voûte a souvent la forme d'une coque renversée : le bateau est un des symboles de l'Eglise.

Ses dimensions sont très variables tant en longueur, selon le nombre de travées (espace entre 2 piliers) qu’en largeur ou en hauteur. Tous ces paramètres influent sur la disposition de l’assemblée, la visibilité, de l’autel et l’acoustique.

Pour la disposition de l’assemblée,  la Présentation Générale du Missel Romain précise :

« On aménagera la place destinée aux fidèles avec tout le soin désirable, pour qu’ils puissent participer comme il se doit, par le regard et par l’esprit, aux célébrations liturgiques. Il convient ordinairement de mettre à leur disposition des bancs ou des chaises […] On veillera à ce que les fidèles puissent non seulement voir le prêtre, le diacre et les lecteurs mais encore, grâce aux moyens techniques modernes, les entendre aisément » PGMR 311

Dans la plupart de nos églises, espaces conçus pour la liturgie du Concile de Trente, ces indications donnent une disposition qui a quelque ressemblance avec une salle de théâtre : une assemblée dans la nef face au chœur pouvant être comparé à une scène par son élévation. Les mouvements de l’assemblée sont limités et les liturgies tendent à devenir statiques. Cependant des adaptations cherchent à contourner cette difficulté par la mise en place d’une assemblée « enveloppante ». On retrouver cette disposition dans les églises Saint François de Molitor et Saint Ignace à Paris (cf photo ci-contre).

La construction de nouvelles églises donne lieu à des innovations spatiales intéressantes, quelquefois en «mandorle» (disposition en forme d'amande).

 

Rappels historiques :

- Pendant des siècles églises et cathédrales étaient entièrement vides de mobilier ; il était possible de s’y déplacer, de s’asseoir ou de s’allonger contre un pilier, même pendant les célébrations. A partir de la Contre-Réforme, au XVIe siècle, avec le développement des prêches qui deviennent de plus en plus longs, des bancs ou des chaises sont mis à la disposition des fidèles, moyennant une certaine somme d’argent.

- Concernant l’acoustique, dans les siècles passés les maîtres d’œuvre ont eu recours aux vases acoustiques, des poteries enchâssées dans des orifices placés au haut des murs dans les nefs, les chœurs ou les bas-côtés. Leur disposition est variable : en ligne, en triangle, ou dispersé (Ploaré, Le Juch, Pleyber-Christ, Porspoder, Pouldreuzic, Trégourez etc...). Ce système diminuait le temps de réverbération, c’est à dire le phénomène d’écho.

 

Dans la nef, on réserve une allée centrale pour la circulation des processions qui sont accompagnées de chants.

 

À la messe, à la procession d’entrée, le but du chant est « d'ouvrir la célébration, de favoriser l'union des fidèles rassemblés, d'introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête, et d'accompagner la procession du prêtre et des ministres » PGMR 47. A la présentation des dons, le chant expose le sens du rite d'apport des dons : le pain et le vin puis rend grâce (d’après PGMR 74). Au moment de la communion, le processionnal invite à venir recevoir le Pain de vie et à former le Corps du Christ (d’après PGMR 86).

Au fil de l'année liturgique des processions marquent certaines célébrations :

Ainsi à l’entrée en Carême, lors de l'imposition des cendres, puis le dimanche des Rameaule Jeudi-saint, au transfert du Saint Sacrement au reposoir et le Vendredi- Saint,   pour la vénération de la croix. La plus solennelle des processions a lieu sans conteste à la Vigile pascale, pendant la progression du cierge pascal vers l'autel.

 

Les processions contribuent à la beauté des célébrations ; en engageant tout l’être - corps, voix, cœur - dans l'expression de la foi, c'est une forme de participation active des fidèles.

 

Les croix de consécration ou croix de dédicace

C’est de la nef que l’on voit le mieux, sur les piliers ou les murs, les croix de consécration ou croix de dédicace de l’église. Elles sont le souvenir du rite qui fit un jour de cette église de pierre une église de pierres vivantes, une assemblée de baptisés réunis. Le véritable temple nous dit saint Paul, c’est l’assemblée des baptisés, des Pierres vivantes : «  le sanctuaire de Dieu est saint et ce sanctuaire, c’est vous » (1 Co 3, 17).

 

La Dédicace est la consécration rituelle d'un édifice matériel fait de main d'homme. Elle confère à l'édifice sa destination et définit sa nature cultuelle. (Ordo dedicationis 1977  pour la consécration des églises, autels fixes et des objets du culte).

On relira avec intérêt Esdras 6, 14-18 pour la dédicace du 2nd Temple de Jérusalem consacré en 516, après le retour de la captivité à Babylone. Le temple de Salomon avait été détruit par les Babyloniens en 586. Le second temple sera agrandi par Hérode dans les années 20 avant Jésus-Christ. Il sera détruit par les Romains en l'an 70.

 

La nef est le lieu que rejoignent les nouveaux baptisés.

Il y a de la place dans une nef pour accueillir le peuple de Dieu : tout le monde y est bienvenu.

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Mt 18, 20

Dieu voit large et ne se limite pas à une catégorie de purs ou de parfaits. Chacun peut prendre place, s’asseoir, écouter, prier, chanter, s’unir à « la liturgie qui est l ‘épiphanie de la communion ecclésiale » (Pape François 14/02/19) ... mais aussi faire silence !

Tournée vers le sanctuaire, l’assemblée est invitée à participer activement à l’action liturgique par « les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles »  (Sacrosanctum Concilium 30)

 

 

CONSEILS PRATIQUES

La disposition des chaises ou des bancs favorise t-elle une allée centrale suffisamment large pour les processions ? Est-il possible d’enlever une chaise ou une partie de banc afin de laisser une place pour les personnes en fauteuil  (sans que le fauteuil n’obstrue l’allée ou que la personne handicapée ne soit coincée derrière un pilier) ?

 


 

Entrez, Dieu est en attente, sa maison est un lieu pour la paix… Vous êtes le peuple de Dieu, pierres vivantes de son Eglise (A216)

 

 


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Les espaces liturgiques : la nef
3 Espaces liturgiques - Dans les églises
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