LA SEMAINE SAINTE

Cet événement est le cœur même de la foi chrétienne. C'est pourquoi les chrétiens se préparent à la fête de Pâques depuis le début du Carême, et en particulier tout au long de la Semaine Sainte.

La Semaine Sainte commence le dimanche des Rameaux (célébration de l'entrée solennelle du Christ à Jérusalem), inclut le jeudi Saint (célébration de l'institution de l'Eucharistie et du Sacerdoce par le Christ) et le vendredi Saint (célébration de la Passion du Christ et de sa mort sur la croix). Elle s'achève avec la veillée pascale, pendant la nuit du samedi Saint au dimanche de Pâques (résurrection du Christ).

Parmi les célébrations jalonnant cette montée vers Pâques - messe du dimanche des Rameaux, messe chrismale, messe de la Cène du Seigneur, office de la Passion, Vigile pascale et messe de Pâques - l'une d'entre elles tient une place particulière : la Vigile pascale. La Vigile pascale rassemble, par ses rites, tous les éléments du message de Pâques. Les baptêmes d'adultes et de jeunes, qui seront célébrés cette nuit-là, rejaillissent sur toute la communauté et rappellent à chacun les promesses de son baptême.


Le Dimanche des Rameaux

Du mot latin ramus : « branche », « branchage » et de son dimi­nutif ramellus.

Le dimanche qui précède la fête de Pâques, appelé « dimanche des Rameaux et de la Passion », l’Église célèbre solen­nellement, avant la messe, l’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem, telle que les quatre évangiles la rapportent : « La foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Sei­gneur » (Jn 12, 12-13).

Ces paroles sont chantées comme Antienne d’ouverture au lieu, différent de l’église, où les fidèles se sont réunis (voir Station) : après une brève allocution, le célébrant bénit les rameaux (en Occident, il s’agit ordinairement non de palmes, mais de buis ou de lauriers) ; le diacre ou, à son défaut, un prêtre, lit le récit évangélique de l’entrée messianique de Jésus et l’on se rend en procession jusqu’à l’église.

La messe de la Passion commence alors par la Prière d’ouverture. La tradition chrétienne veut que l’on emporte, après la messe, les rameaux bénits, pour en orner les croix dans les maisons : geste de vénération et de confiance envers le Crucifié.

 


La Messe Chrismale

Chaque année, dans tous les diocèses du monde, prêtres, diacres et fidèles se réunissent pour célébrer la Messe Chrismale. Elle se célèbre normalement au matin du Jeudi Saint mais peut être anticipée. C’est au Mercredi de la Semaine Sainte que cette célébration s’est fixée depuis plusieurs années dans notre diocèse.


Pourquoi « Chrismale » ?

La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême est consacré. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont bénites : l’Huile des Catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands ; et l’Huile des Malades qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.

Prêtres, diacres et fidèles sont invités largement à cette célébration qui manifeste l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque.


Le Jeudi Saint

Le Jeudi Saint, l'Eglise célèbre la messe en mémoire de la Cène du Seigneur: institution, par le Christ, de l'Eucharistie et du sacerdoce (prêtres).

Par l'eucharistie, sous la forme du pain et du vin consacrés, le Christ offre son corps et son sang pour le Salut du monde. Dans beaucoup d'églises, on procède au rite du lavement des pieds rappelant le geste de Jésus vis-à-vis de ses apôtres. Le prêtre s'agenouille et lave les pieds de douze fidèles. Dans ce cadre, ce geste dit mieux qu'un long discours que le sacerdoce est un service.


Le Vendredi Saint

Le Vendredi saint, les chrétiens commémorent l’arrestation, le procès et la mort de Jésus sur la croix.

L’office du Vendredi saint comporte le récit de la Passion et la vénération de la croix.

Le chemin de croix n’est pas un office liturgique mais un exercice de piété.


Le Samedi Saint

La journée du Samedi saint, dans le Triduum pascal, ne comporte pas d’office particulier : on y célèbre simplement la liturgie des Heures. Ce ne doit pas être seulement une journée consacrée aux préparatifs de la fête de Pâques, mais un jour privilégié de silence et de recueillement.

L’Église passe ce grand sabbat tout près de Marie, méditant sur les souffrances du Christ, sa mort et son ense­velissement, dans une espérance invincible. La contemplation ecclésiale s’arrête aussi au mystère de la descente du Christ aux enfers, qui est un article du Credo : séparée momen­tanément de son corps, l’âme de Jésus est allée « prêcher aux esprits en prison » (1 P 3, 19), c’est-à-dire qu’elle a voulu connaître la condition des âmes encore maintenues dans le séjour des morts, et surtout leur apporter la bonne nouvelle de leur délivrance, grâce au sacrifice du Calvaire et à sa prochaine Résurrection.

La kénose ou humiliation volontaire du Christ va jusque-là, dans les abîmes, pour que soit délivré quiconque accepte de l’être.


La Vigile Pascale

Celles et ceux qui ont en charge la préparation de la nuit de la Résurrection auront à coeur de ne pas oublier que la Veillée pascale est avant tout et fondamentalement une ... veillée! Cela veut dire qu'on prend tout le temps qu'il faut pour célébrer et que l'horloge qui tourne cesse- au moins cette nuit-là d'être une obsession.

Veiller, cela suppose la durée:

-          durée des rites : ne pas les bousculer, leur donner toute l'épaisseur dont ils ont besoin;

-          durée des chants : leur offrir un prélude, des interludes, un postlude ... et oser aller au -delà des éternelles deux strophes.

Ils se rappelleront aussi les racines juives de cette nuit :

-          la Pâque juive est une veille où l'on fait mémoire de Dieu qui, le premier, a veillé pour faire passer son peuple des ténèbres à la lumière; la Pâque chrétienne, elle aussi, est une veille où les chrétiens ravivent leur mémoire : en cette nuit, Dieu fait passer son Fils de la mort à la vie ...

-          la sortie d’Égypte fait entrer le peuple dans la Première Alliance; le matin de Pâques fait entrer les disciples du Christ dans la Nouvelle Alliance ...

-          avec Moïse, le peuple juif passait de l'esclavage à la liberté; en Jésus, qui nous libère de la nuit du péché, nous passons à une vie nouvelle ...

Et parce qu'elle est mémoire des merveilles réalisées par le Dieu de l'Alliance, la Veillée pascale est action de grâce. Faire mémoire commence par dire merci : merci pour les merveilles accomplies pour le peuple choisi, merci pour celles accomplies pour le nouvel Israël. Il reste que toute Veillée pascale doit nous laisser une faim. Certes, le Christ est ressuscité; certes, il se donne à nous dans sa Parole et dans son Corps. Mais sa seigneurie n'est pas encore pleinement accomplie.

Cette nuit où nous veillons dit que notre vie entière doit être veille : rester en tenue de travail, garder les lampes allumées, être comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera (Luc 12, 35-36) ... La Veillée pascale, image et condensé de toute l'aventure du baptisé ! Dans de nombreuses paroisses, la Veillée pascale rassemble, depuis quelques années, autant de fidèles que la nuit de Noël. Signe des temps. Signe que les communautés, pour reprendre les termes de la monition du Missel qui introduit à la liturgie de la Parole, ont soif, en cette nuit belle entre toutes, de célébrer le Dieu qui, dans les temps passés, a sauvé son peuple et qui, dans ces temps qui sont les derniers, nous a envoyé son Fils comme Rédempteur.


Le dimanche de Pâques

« Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rend au tombeau. La pierre a été enlevée… Les bandelettes ont été déposées… Le linge est roulé à part » (Évangile selon saint Jean, 20).

Étymologiquement, « Pâques » signifie « passage » : par ce passage de la mort à la Vie, le Christ a sauvé l’Homme du péché et l’a appelé à la vie éternelle.

La Résurrection du Christ est l’accomplissement des promesses faites par Dieu à son peuple. C’est pourquoi la fête de Pâques, célébrée par une messe solennelle, est le sommet du calendrier liturgique chrétien.

Ce jour d’allégresse est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée, symbole de joie et de lumière.